LA PRISON POLITIQUE EN FRANCE
Genèse d’un mode d’incarcération spécifique
18ème – 20ème siècles
Par Jean-Claude Vimont
Éditions Anthropos historiques – année 1993 – broché couverture souple illustrée – format 15,5x24 – 503 pages – sans illustrations
Thèmes : histoire carcérale, prison, prisonniers, histoire politique, justice
État : bon état, quelques marques sur la couverture, propre et solide
Présentation
De la fin de l’Ancien Régime au XXe siècle, cet ouvrage retrace la naissance et l’évolution d’un système d’incarcération spécifique : la prison politique. À travers une analyse fine des pratiques judiciaires et pénitentiaires, il montre comment l’État construit des dispositifs adaptés aux opposants, entre répression, contrôle et exception.
En s’appuyant sur de nombreux exemples, l’auteur met en lumière les régimes de détention, les lieux d’enfermement et les logiques politiques qui façonnent le sort des détenus. Entre droit commun et traitement d’exception, la prison politique révèle ainsi les tensions fondamentales entre sécurité de l’État et libertés individuelles.
Une étude de référence pour comprendre le rôle de l’enfermement dans l’histoire politique française.
Au sommaire simplifié
● Les pratiques carcérales à la fin du 18ème siècle
● Les lacunes des codifications révolutionnaires et impériales
● Prisons d’État et maisons centrales sous l’Empire
● Les emprisonnements massifs de la Terreur Blanche
● Plaidoyers libéraux en faveur des détenus politiques
● Sainte-Pélagie – Du corridor des écrivains au quartier politique des militants
● Le régime des détentionnaires
● Prisonniers politiques en lutte (1832-1837)
● La menace cellulaire
● Des pratiques résiduelles à l’idéal symbolique : la mutation progressive des régimes politiques de détention
Jean-Claude Vimont est un historien français, spécialisé dans l'histoire de la justice et des univers carcéraux, né à Paris le 15 janvier1955 et mort à Rouen le 28 octobre 2015.
Il rédige sa thèse sous la direction de Michelle Perrot.
Enseignant-chercheur à l'Université de Rouen-Normandie et membre du Groupe de recherches d'histoire (GRHIS), il participe au site d'histoire de la justice Criminocorpus et consacre ses recherches à plusieurs domaines de la justice pénale et de ses prolongements pénitentiaires :l'histoire de la détention politique, l'histoire des mineurs de justice, l'histoire des camps d'internement du XXe siècle, l'histoire des prisons, l'histoire des dispositifs expérimentaux mis en place après 1945 en direction des relégués multirécidivistes jusqu'en 1970.
À travers ses recherches historiques ou orales, Jean-Claude Vimont s'est interrogé sur la honte que pouvaient ressentir les détenus ou anciens détenus. En lien avec Frédéric Chauvaud dans Histoires de la souffrance sociale (2007), il a montré que la honte sociale existait chez les multi récidivistes frappés d’une peine complémentaire perpétuelle (appliquée entre 1885 et 1970) et que celle-ci s'intégrait, dans sa dimension intime, personnelle et parfois collective, à « la honte d’être ce que l’on est, de vivre ce dont on est victime, d’être assimilé à un groupe, d’être étiqueté dans une catégorie dénigrée, réprouvée, exclue. ».
Il meurt le 28 octobre 2015 des suites d'une longue maladie.
Le département d'histoire de l'université de Rouen et les membres du GRHIS lui consacrent une journée d'hommages le 16 novembre 2016.