Hiroshige cent vues célèbres d'Edo Hazan

(Code: HIROSHIGE)

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Hiroshige cent vues célèbres d'Edo Hazan
TITRE : Cent vues célèbres d’Edo


AUTEUR(S) : Utagawa Hiroshige

ÉDITEUR : Éditions Hazan

ANNÉE : 1987

FORMAT : 25 cm x 36 cm

NOMBRE DE TOMES : 1

NOMBRE DE PAGES : 256

ILLUSTRATIONS : oui, 118 planches couleurs hors-texte, un plan en noir

RELIURE : pleine toile de couleur bleue, tranchefile

JAQUETTE : oui, rempliée, illustrée couleurs

SIGNET : non

RHODOÏD : non

ÉTAT : très bel état, jaquette légèrement savetée au niveau du 2nd plat.

THÈMES : livre illustré, Japon



SUR LE LIVRE


Introduction d’Henry D. Smith II et Amy G. Poster.

Commentaires des planches d’Henry D. Smith II.

Préface de Robert Buck.

Traduit de l’anglais par Dominique Le Bourg.

Avec son aîné Hokusai, Hiroshige est l’un deux phares historiques et complémentaires de l’estampe japonaise.

Dans cette très importante suite l’artiste s’est employé à brosser une fresque de la vie quotidienne, une sorte de reportage très apprécié d’entrée de jeu. Il s’agissait d’une manière de se projeter par le biais des estampes dans un voyage pas toujours aisément réalisable.

Montrées à Paris en 1893, ces œuvres ont tout particulièrement suscité l’enthousiasme de Pissarro et de quelques autres.

On trouve leur influence directe chez Van Gogh (ses Japonaiseries), comme chez l’anglais Whistler (Le vieux pont de Battersea).

Aujourd’hui encore on ne peut manquer d’être frappé par le savant dégradé des couleurs, à propos duquel les maîtres imprimeurs sont certainement autant à saluer que l’auteur lui-même. Réaliser des estampes où les tons nettement affirmés contrastent avec des nuances progressives et des ombrages qui vont du bleu au noir, n’est pas à la portée du premier venu. Le nombre des passages à la presse pour les obtenir peut être aussi considérable que délicat.

L’ouvrage s’efforce d’en rendre assez suffisamment compte pour que l’on puisse rêver aux originaux. Il permet en tout cas de s’arrêter aux angles de vue inhabituels ainsi qu’aux audaces de composition, que tempère parfois une note d’humour.

Les vues d’oiseau incitent au regard baladeur dans l’espace proposé, naturel ou urbain. La découverte progressive est comparable à celle que nous effectuons lorsque nous sommes face à un vaste paysage où aucun point particulier ne capture la vision. Il convient de parcourir plan après plan le panorama qui s’offre à nous pour en scruter peu à peu chacun des éléments et goûter l’harmonie d’ensemble.

Les perspectives linéaires, très proches de celles du point de fuite de l’art occidental, introduisent le vérisme du reportage sur le vif. Il s’agit le plus souvent de scènes de rue, de la vie qui va.

Enfin, interviennent parfois des motifs de premier plan, coupés par les bords du format ils produisent un effet de loupe, un seuil commandant l’accès à l’image. Effets novateurs très saisissants apparemment simples, en fait très construits, repris plus tard avec les premières BD.

A voir tout cela on comprend le choc qu’ont pu ressentir les artistes de l’orée du 20ème siècle lorsqu’ils découvrirent cette suite en même temps que les Mangas d’Hokusai. Aujourd’hui encore la maîtrise de l’espace, du format et du jeu des points de vue sidère.



SUR L’ARTISTE


Utagawa Hiroshige (né en 1797 à Edo, mort le 12 octobre 1858 à Edo) est un dessinateur, graveur et peintre japonais. Il se distingue par des séries d'estampes sur le mont Fuji et sur Edo (actuel Tokyo), dessinant de façon évocatrice les paysages et l'atmosphère de la ville, en reprenant les instants de la vie quotidienne de la ville avant sa transformation à l'ère Meiji (1868-1912).


Auteur prolifique, actif entre 1818 et 1858, il crée une œuvre constituée de plus de 5 400 estampes.


Il est avec Hokusai, avec qui on le compare souvent — pour les opposer — l'un des derniers très grands noms de l’ukiyo-e et, en particulier, de l'estampe de paysage, qu'il aura menée à un sommet inégalé avant le déclin de la xylographie au Japon.


Ses séries les plus connues, les Cent vues d'Edo, Les Soixante-neuf Stations du Kiso Kaido et surtout Les Cinquante-trois Stations du Tokaido, rivalisent en notoriété avec la célèbre série de Hokusai, les Trente-six Vues du mont Fuji (dont fait partie ce qui est sans doute l'estampe japonaise la plus connue, La Grande Vague de Kanagawa).


Le style d'Hiroshige est cependant bien différent de celui d'Hokusai.


Hiroshige se fait l'humble interprète de la nature, qui, à l'aide des moyens frustes de la gravure sur bois, sait exprimer comme à travers « une fenêtre enchantée » les délicates transparences de l'atmosphère au fil des saisons, dans des paysages où l'homme est toujours présent. La composition de ses œuvres est saisissante, caractérisée par une maîtrise subtile des couleurs franches — avec une dominante du vert et du bleu. Son sens du premier plan sera repris plus tard par Degas.


Peu après la réouverture forcée du Japon aux échanges avec l'Occident, c'est principalement à travers l'œuvre d'Hiroshige que le monde découvre vers 1870 l'étonnante originalité des arts graphiques dans ce pays. Le japonisme aura une influence déterminante sur les peintres impressionnistes et ensuite sur l'Art nouveau.