Livre à la mémoire du professeur Paul Fallot consacré à l’évolution paléogéographique et st

(Code: LIVR1124)

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Livre à la mémoire du professeur Paul Fallot consacré à l’évolution paléogéographique et st

TITRE : Livre à la mémoire du professeur Paul Fallot consacré
à l’évolution paléogéographique et structurale des domaines méditerranéens et alpins d’Europe



AUTEUR(S) : ouvrage mis au point par Delga Durand


ÉDITEUR : Éditions Société Géologique de
France


ANNÉE : 1960-1962



FORMAT : 20 cm x 27 cm


NOMBRE DE TOMES : 2


NOMBRE DE PAGES : 656 et 712



ILLUSTRATIONS : oui, photographies en noir, croquis, plans, cartes (dont certaines
dépliantes)



RELIURE : demi-reliure, plats recouverts d’un matériau toilé
épais, tranchefile


JAQUETTE : non


SIGNET : non


RHODOÏD : non



ÉTAT : bel état, ouvrages solides pouvant être manipulés sans crainte



PARTICULARITÉS : couvertures d’origine conservées



THÈMES : sciences et techniques, géologie





SUR LES LIVRES



Ouvrages très techniques.



On retrouvera au sommaire du tome 1



1 – partie biographique


2 – partie scientifique


a)    Articles généraux


b)    Cordillères bétiques


c)     Chaines ibériques et pyrénéennes


d)    Chaines de l’Afrique du Nord



On retrouvera au sommaire du tome 2



1 – régions extra-alpines


2 – Italie péninsulaire et Sicile


3 – Alpes occidentales et Corse


4 – Alpes orientales


5 – Carpathes


6 – Méditerranée orientale et Caucase





SUR LE PROFESSEUR PAUL FALLOT (1889-1960)



Paul FALLOT. Sa vie.- Son oeuvre


par Michel Durand Delga (notice lue à la séance du 5 juin 1961 de la Société géologique de France)



Il est de grands savants. Il est de nobles caractères. Paul Fallot a été l'un et l'autre : le cas est assez exceptionnel pour
être souligné. A ce titre, en un siècle où les notions d'intérêt et de jouissance étouffent progressivement les principes d'honneur et
de labeur, la vie de Paul Fallot est un magnifique exemple.



Ses traits majeurs, l'énergie et le sens du devoir, furent sans doute accusés, héréditairement, par ses origines aux
Marches de l'Est. Il naquit le 25 juin 1889 à Strasbourg, où sa mère alsacienne était, à cette occasion, venue parmi les siens. La famille Fallot,
elle, était franc-comtoise. Son père, primitivement industriel dans le Doubs, à Valentigney, se retira tôt des affaires pour s'établir à
Lausanne avec sa famille. C'est là, sur l'admirable belvédère de Rovéréaz, qu'au bord du Léman, face aux Alpes, le jeune Paul Fallot passa,
avec son frère Pierre, son enfance, près de son père qu'il respectait, et de sa mère qu'il affectionnait.



Il y reçut une éducation raffinée, dans un milieu où la science et l'art étaient en honneur. Dans la grande
salle de musique de l'édifice construit sur les plans de son père, se succédaient les grands musiciens de l'époque. Ne nous étonnons pas d'apprendre
que, dès son plus jeune âge, à neuf ans, il participait au quatuor à cordes familial.



Féru de science, son père aida — dès ses quatorze ans — une inclination déjà vive pour l'histoire
naturelle. Il lui fit suivre de 1905 à 1907 l'enseignement d'information générale -- embrassant une douzaine de branches — que dispensait le gymnase
scientifique de Lausanne et qui représentait une combinaison entre la fin du cycle secondaire de type français et le début de notre cycle supérieur. Paul
Fallot obtint ainsi, avec des notes exceptionnelles, le diplôme de « Bachelier es Sciences ». Sur cette base solide, voici le géologue qui
apparaît.



Nous sommes en 1908 : Maurice Lugeon, déjà illustre bien qu'il n'ait pas atteint la quarantaine, occupe la chaire de Géologie
de l'Université de Lausanne. Son petit laboratoire est situé à l'entresol du palais de Rumine : Argand, Jeannet, Boussac, Mme Jérémine, d'autres,
tels sont les aînés que le jeune Fallot y rencontre. C'est une période d'intense activité créatrice : après avoir réalisé la
synthèse des nappes préalpines, Lugeon s'attaque à la structure de l'édifice alpin tout entier. Malgré sa froideur, fruit d'une grande
timidité, et masque d'une intense vie intérieure, Paul Fallot n'échappe pas à cette extraordinaire ambiance : suivant les courses géologiques en
montagne, il apprend à observer soigneusement, à dessiner avec rigueur le contour géologique, à s'acharner sur les pentes drapées de Glaciaire. Ses
qualités naturelles, jusqu'alors sous-jacentes, s'épanouissent sous l'autorité amicale du « Patron », avec lequel, sa vie durant, il conservera
d'étroites et cordiales relations.



Quelques lignes de Lugeon, écrites beaucoup plus tard, en 1937, témoignent de l'appréciation du Maître sur son disciple
: « Il m'avait frappé par son enthousiasme, par sa prédisposition pour la géologie, par son ardeur au travail. [Lors de courses sur le terrain] j'ai pu
juger de la valeur de ses dons admirables d'observation [. . .]. J'en avais conclu que ce jeune chercheur deviendrait une des gloires scientifiques de son pays. » Et l'on ne
s'étonne pas de voir son admission à notre Société, fin 1908, parrainée par Lugeon et par Argand.



En 1909, Paul Fallot part pour Grenoble afin d'acquérir les certificats de la licence française de Sciences naturelles. En même
temps, il commence à faire œuvre personnelle. Il s'établit dans le nouveau laboratoire de la rue Très Cloîtres, que dirige Wilfrid Kilian,
maître de la stratigraphie paléontologique, auquel le jeune homme sera vite attaché par les liens « du respect, de l'admiration et de la gratitude ».
Ici encore, règne une magnifique ambiance. Autour du chef de laboratoire est groupée une équipe ardente, littéralement lancée à l'assaut des
faunes crétacées du domaine alpin : « la ruche dauphinoise » pour reprendre le terme de Charles Jacob, aîné et ami de Paul Fallot, sur lequel il
exerça une forte influence.



Encore étudiant, ce dernier est ainsi initié aux techniques de détermination précise. Sa première publication
— il n'a pas vingt et un ans ! — est une importante monographie sur des Ammonites pyriteuses du Gault des Baléares, dont le capitaine Nolan avait fait don au
laboratoire de Grenoble. A la lecture de ce mémoire, l'on est frappé par la maturité d'esprit de son auteur, par sa netteté de pensée et
d'expression. Notre confrère, le général Collignon, a souligné ailleurs combien Fallot, ici et dans ses autres ouvrages de paléontologie pure, a
fait preuve d'une remarquable maîtrise. Ce souci paléontologique, il ne le perdra jamais, s'acharnant à dater d'une manière aussi précise que
possible les assises les plus rétives à livrer leurs fossiles !



Ainsi en possession, grâce à des maîtres éminents, des principes et des techniques de la tectonique et de la
paléontologie, Paul Fallot n'est point encore satisfait. Durant l'année universitaire 1910-1911, il va fréquenter à Paris, où il termine sa licence,
le laboratoire de Géologie de la Sorbonne, où règne Emile Haug. Autre grand maître dont les substantiels enseignements élargirent le cercle de ses
connaissances dans les domaines de la géologie générale et de la stratigraphie. En outre, il s'informe des choses et des gens. De la Société
géologique de France, il fréquente les séances. Il nous les a décrites. Comment ne pas soupirer en songeant au nombre et à la qualité des
grands maîtres d'alors ! Le jeune Paul Fallot voyait, du fond de la salle, « le terrible premier rang », qu'occupaient Auguste Michel-Lévy, Henri
Douvillé, Pierre Termier, Emile Haug, Alfred Lacroix et tant d'autres derrière eux... Devant l'exemple que donnaient de tels hommes, comment ne pas sentir son ardeur
décuplée ?



Voici venu, pour Paul Fallot, le moment du choix de son sujet d'études. Sa famille possède une substantielle aisance. Il peut
voyager. Au printemps 1911, une croisière de la Revue générale des Sciences l'amène en Méditerranée orientale, et c'est l'occasion d'une
intéressante note sur la structure de Rhodes. Mais l'Espagne l'attire par « mille attraits subtils épars, dans la pureté de l'air, dans la caresse de la
Méditerranée, et dans l'harmonie du sol » : elle restera sa terre de prédilection. L'enseignement de Lugeon - et ses évocations de la courbure
occidentale des chaînes alpines — les faunes baléares dont Kilian lui confia l'étude, voici sans doute les faits déterminants qui lui font
entreprendre son travail de thèse sur Majorque. Trois missions, en 1911, 1913 et 1914 — en 1912, il accomplit son temps de service militaire — lui sont d'abord
consacrées.



1914. — La tourmente arrive. Patriote ardent, Paul Fallot considère comme un devoir absolu de défendre le pays de ses
pères. Réformé n° 2, il obtient de partir, le 14 septembre, comme soldat de 2e classe au 113e régiment d'Infanterie. Il participe à tous les
combats de cette unité (Argonne, Haute Chevauchée, ...) en 1915 et au début de 1916, comme soldat, caporal puis sergent. Promu au feu sous-lieutenant, il est
affecté comme officier de renseignements au 28e bataillon de Chasseurs alpins dont il partagera le sort de novembre 1916 jusqu'en août 1918 (affaires de Plateau
Californie, de la Gargouse, de la Malmaison, ...). La conduite exemplaire du jeune officier se traduit par cinq citations à sa Croix de guerre et par la Croix de la
Légion d'honneur. Ses citations le qualifient d'« observateur d'élite », ne ménageant jamais sa peine, au mépris de tous les dangers. Plus
tard, à l'été 1918, lieutenant à l'état-major du général Messimy (162e division d'Infanterie), le voilà devant Soissons, puis
dans les Vosges, et enfin à l'état-major du 3e Corps d'armée. Il a la joie de participer à la rentrée des troupes françaises dans sa ville
d'origine, Strasbourg.



La « Grande guerre » s'est traduite pour Paul Fallot par de dures épreuves, qu'une noble inscription rappelle au début de
sa thèse. Son ami intime, Jean de Barrau, secrétaire du duc d'Orléans, dont les convictions religieuses et politiques ont guidé les siennes, a
été tué en 1914. Le sergent Jean Boussac, professeur à l'Institut catholique de Paris, pour lequel il avait une grande et affectueuse admiration, est
tombé à Verdun.



Voilà qui explique le « nationalisme intellectuel » que Paul Fallot pratiquera toute sa vie ; ce terme recouvre d'ailleurs un
contenu étonnamment semblable à celui de la célèbre phrase de Pasteur « la science n'a pas de patrie, mais le savant en a une ». Il nous
livrera, dans la Revue fédéraliste (mai 1923), sa pensée sur ce point : « Nous sommes Français ; c'est un fait hors de discussion. Nous devons
l'être avec intransigeance, considérant toutes les questions non par rapport à nos goûts ou à notre intérêt, mais par rapport à
l'intérêt de la France. » Et, plus loin, après avoir célébré le rôle créateur des Français dans la science
tectonique, il écrit en phrases, qui ne resserrent point, mais élargissent sa vue : « S'il est ainsi des branches de l'activité humaine où nous
réussissons mieux que nos voisins, il en est d'autres où nous avons beaucoup à profiter de l'apport intellectuel des nations étrangères [...]. Il
serait indigne et maladroit de nous priver de la part de cette connaissance qui viendrait d'Allemagne, par exemple. » Phrases dignes du savant pur, du citoyen exemplaire qu'il
restera toute sa vie.





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