Procès du Maréchal Pétain Haute Cour de Justice 1945

(Code: PROCESPETAIN)
50,00 EUR
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Procès du Maréchal Pétain Haute Cour de Justice 1945

TITRE : Procès du Maréchal Pétain

AUTEUR(S) : Secrétariat Général de la Haute Cour de Justice

ÉDITEUR : Imprimerie des Journaux Officiels àParis

ANNÉE : 1945

FORMAT : 23 cm x 31,5 cm

NOMBRE DE TOMES : 1

NOMBRE DE PAGES : 386

ILLUSTRATIONS : sans

RELIURE : demi-reliure, dos toilé avec titre et liserets en caractères dorés, plats cartonnés jaspés, tranchefile

JAQUETTE : non

SIGNET : non

RHODOÏD : non

PARTICULARITÉS : texte sur 3 colonnes

ÉTAT : bon état, quelques frottements sur les tranches des plats, dos avec quelques taches, un petit manque au niveau de la page de titre, papier jauni d’époque, quelques rousseurs, ouvrage bien solide pouvant être manipulé sans crainte

THÈMES : justice, procès, Vichy,collaboration, deuxième guerre mondiale, WWII

 

SUR LE LIVRE

 

Compte rendu in extenso des audiences.

 

De la 1ère audience du lundi 23 juillet 1945 à la 20ème audience du mardi 14 août 1945.

 

Le procès du maréchal Pétain débute le 23 juillet 1945 devant la Haute Cour de Justice créée le 18 novembre 1944. Après que six autres magistrats se sont récusés, le tribunal est présidé par Paul Mongibeaux, premier président de la Cour de Cassation, assisté du président de la chambre criminelle à la Cour de Cassation Donat-Guigne, et Picard, premier président de la Cour d'appel. Tous trois avaient prêté serment de fidélité au maréchal. Le ministère public est représenté par le procureur général André Mornet, président honoraire de la Cour de Cassation. Le jury de vingt-quatre personnes est constitué de douze parlementaires (et quatre suppléants) et de douze non-parlementaires issus de la Résistance (et quatre suppléants). Ce jury est choisi dans deux listes, la première étant celle de cinquante parlementaires n'ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, la deuxième étant composée de personnalités de la Résistance ou proches d'elle. La défense use de son droit de récusation pour quelques noms sortant du tirage au sort, notamment Robert Pimienta et Lucie Aubrac.

 

Après récusations de la défense, les jurés sont :

 

→ pour les parlementaires : Gabriel Delattre, Émile Bender, Georges Lévy-Alphandéry,Michel Tony-Révillon, Émile Bèche, Adrien Mabrut, Louis Prot, René Renoult,Jean Pierre-Bloch, Pétrus Faure, Paul Sion, Léandre Dupré, Camille Catalan(suppléant), Jammy Schmidt (suppléant), Joseph Rous (suppléant) et Eugène Chassaing (suppléant)

→ pour les non-parlementaires : Henri Seignon, Jacques Lecompte-Boinet, Lorignet,Roger Lescuyer, Roger Gervolino, Maurice Guérin, Jean Guy, Ernest Perney,Pierre Meunier, Pierre Stibbe, Dr Porcher, Marcel Bergeron, Georges Poupon(suppléant), Jean Worms dit Germinal (suppléant), Marcel Levêque (suppléant),Gilbert Destouches (suppléant)

Défendu par Jacques Isorni, Jean Lemaire et le bâtonnier Fernand Payen, Philippe Pétain déclare le premier jour qu’il avait toujours été un allié caché du général de Gaulle et qu’il n’était responsable que devant la France et les Français quil’avait désigné et non devant la Haute Cour de justice. Dans ces conditions,il ne répondra pas aux questions qui lui seront posées. Viennent déposer de nombreuses personnalités en tant que témoins soit à charge : Édouard Daladier,Paul Reynaud, Léon Blum, Pierre Laval, soit à décharge : le général Weygand, le pasteur Marc Boegner, ou encore l’aumônier des prisonniers de guerre Jean Rodhain, seul homme d'Église à témoigner à décharge.

 

Le procès s’achève le 15 août 1945 à l’aube. La cour déclare Pétain coupable,notamment, d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Elle le condamne à mort, à la dégradation nationale, et à la confiscation de ses biens,assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge. La condamnation a été votée à une voix de majorité.

 

Le verdict de la Haute Cour de justice frappe d'indignité nationale Philippe Pétain ; cette décision, interprétée stricto sensu, « lui retirant son rang dans les forces armées et son droit à porter ses décorations ». Le titre de maréchal de France étant une dignité et non un grade, ses partisans considèrent que Philippe Pétain conserva ce titre après sa condamnation. À la fin du procès,il se dépouille de son uniforme avant d'être incarcéré, mais c’est avec ce même uniforme qu’il fut inhumé en 1951.

 

Cependant certains considèrent qu’il fut, de facto, déchu de sa dignité et qu’il convient, comme le font les historiens d'aujourd'hui, de le nommer simplement «Philippe Pétain », en particulier pour la période qui suit sa condamnation du 15 août 1945, ou encore l’« ex-maréchal Pétain ».

 

Accomplissant le vœu de la Haute Cour de justice, le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République, commue la sentence de mort en peine de réclusion à perpétuité le 17 août 1945. Compte tenu de la peine de dégradation nationale(article 21 de l'ordonnance du 26 décembre 1944), le maréchal Pétain est exclu automatiquement de l'Académie française (l'ordonnance prévoit l'exclusion de l'Institut). Toutefois, celle-ci s’abstient d’élire un remplaçant de son vivant au 18ème fauteuil, égard auquel a également eu droit Charles Maurras(tandis qu’Abel Bonnard et Abel Hermant sont remplacés dès 1946).